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Des messages dynamiques et innovants

La transformation vient par l’information et nous ne pouvons pas opérer au-delà de ce que nous ne connaissons pas et ne pratiquons pas. Sur ce site, le Sénateur Prof. Faustin Luanga Mukela pose ou mets  l’information à la portée de tous. Nous croyons que vous pratiquerez ce que vous suivez dans certains interviews et que votre pensée sera alors renouvelée,  transformée...

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Livre ; RDC — L’économie comme langage et                   miroir de nos priorités

Les articles

Les interviews

RDC — L’économie comme langage et                   miroir de nos priorités

Sénateur Faustin Luanga Mukela

Avant d’être une technique, l’économie est un langage.

Elle exprime ce qu’une société valorise réellement, au‑delà des discours officiels. Elle révèle nos priorités, nos renoncements, nos illusions et nos contradictions. Comme le rappelle Amartya Sen (1999), Prix Nobel d’économie, l’économie n’est jamais neutre : elle est un espace où se jouent des choix éthiques, politiques et civilisationnels. Un budget national est ainsi un acte moral.

Il dit ce que nous considérons comme essentiel et ce que nous acceptons de sacrifier.

Il révèle si nous croyons réellement en la jeunesse, en l’éducation, en la santé, en la justice, en l’agriculture, en les infrastructures

 

— ou si nous ne faisons que les invoquer.

L’économie congolaise raconte, à sa manière, une histoire complexe :

• celle d’un potentiel immense, mais d’un désordre persistant ;

• celle d’une richesse naturelle exceptionnelle, mais d’une pauvreté humaine inacceptable ;

• celle d’une économie dominée par l’informel, étouffée par la rente, affaiblie par la corruption et paralysée par le court‑termisme.

Car l’économie est aussi un miroir moral.

 

Elle révèle nos préférences profondes :

• l’immédiat contre le long terme ;

• la rente contre la production ;

• la prédation contre la justice ;

• l’improvisation contre la planification.

Ce que révèle aujourd’hui l’économie congolaise, c’est :

• une tolérance persistante à la corruption ;

• une faible culture de l’épargne et de l’investissement ;

• une absence de planification stratégique ;

• une incohérence programmatique et réglementaire ;

• une déconnexion entre les élites économiques et les réalités sociales.

Comme le souligne Joseph Stiglitz (2012), Prix Nobel d’économie, une économie n’est jamais seulement un système de production : elle est un reflet de notre morale collective. Elle dit ce que nous acceptons, ce que nous tolérons, ce que nous espérons.

Aujourd’hui, l’économie congolaise reflète une morale fracturée, un pays qui n’a pas encore décidé ce qu’il veut devenir.

Repenser l’économie congolaise, c’est donc repenser le langage national que nous voulons parler, et la morale collective que nous voulons assumer.

Sénateur Prof. Faustin Luanga

*Extrait de l’ouvrage à paraître : « Penser librement, Exister pleinement – Appel à la conscience congolaise ». © Droits d’auteur protégés

Suivons l'interview : Sénateur Prof. Faustin Luanga                                     Mukela 

RDC - L’EFFONDREMENT MORAL : QUAND             LA SOCIÉTÉ PERD SES REPÈRES

                                                       Sénateur Prof Faustin Luanga

Une nation ne tient pas seulement par ses lois, ses institutions ou son économie. Elle tient d’abord par une morale collective : la vérité, la justice, la responsabilité, l’exemplarité. Lorsque ces repères s’effondrent, tout le reste vacille. Les lois deviennent des textes, l’État devient une façade, l’économie devient une prédation, la politique devient un théâtre.

Le Congo traverse depuis plusieurs décennies un effondrement moral profond. Cet effondrement n’est pas seulement le résultat de la pauvreté ou de la guerre. Il est le produit d’une longue érosion des valeurs, d’une banalisation du mensonge, d’une normalisation de l’injustice, d’une confusion entre réussite et prédation.

Cet effondrement a des racines historiques.

La colonisation a imposé la morale de la force : la loi comme contrainte, l’autorité comme domination, la ruse comme intelligence.

L’après‑indépendance a installé la morale de la survie : contourner la règle, se débrouiller, se protéger par les réseaux.

La période contemporaine a consacré la morale de l’impunité : la corruption récompensée, l’intégrité punie, la justice instrumentalisée. 

Aujourd’hui, l’effondrement moral se voit partout. Dans l’État, où l’exemplarité a démissionné. Dans l’économie, où la réussite se confond trop souvent avec la prédation. Dans la société, où le mensonge devient un outil de survie.

Dans la jeunesse, privée de modèles, exposée à la réussite facile, rapide, ostentatoire. Les conséquences sont graves : perte de confiance, fragmentation sociale, fuite des talents, violence diffuse, désagrégation du bien commun. Une société qui ne partage plus de repères communs cesse d’être une nation.

Et pourtant, rien n’est irréversible. La reconstruction morale est possible. Elle est même indispensable. Sans elle, aucune réforme économique ou institutionnelle ne tiendra. Avec elle, tout devient possible. Reconstruire la morale collective,

c’est :

restaurer la vérité comme principe public ; réhabiliter la justice comme pilier de la dignité ; revaloriser le travail comme voie de réussite ; redonner à l’État une éthique de service ; offrir à la jeunesse des modèles d’intégrité. La reconstruction morale n’est pas un supplément d’âme. Elle est la condition de la refondation nationale. Elle est le socle sur lequel nous pourrons rebâtir un État crédible, une économie productive, une société cohésive, une jeunesse confiante. L’effondrement moral n’est pas une condamnation.

C’est un appel. Un appel à retrouver le sens du bien commun. Un appel à réhabiliter la dignité. Un appel à redevenir une nation debout. Le Congo se relèvera le jour où nous déciderons collectivement que la vérité vaut mieux que le mensonge, que la justice vaut mieux que l’impunité, que la responsabilité vaut mieux que la ruse. Le jour où nous comprendrons que la refondation d’un pays commence toujours par un sursaut moral.

La Pentecôte : souffle de renaissance pour nos vies et pour une RDC meurtrie
                                     
Sénateur Prof Faustin Luanga

La Pentecôte n’est pas seulement un événement liturgique inscrit dans le calendrier chrétien. Elle est un moment fondateur, un principe spirituel, un souffle de transformation qui traverse les siècles et interpelle chaque génération. Elle marque l’irruption du Saint-Esprit dans l’histoire humaine, cinquante jours après la Résurrection, inaugurant une ère nouvelle où la peur cède la place au courage, où la dispersion se transforme en communion, où l’impuissance devient mission (Bible, Actes 2,1-13). Dans un pays comme la République démocratique du Congo, éprouvé par des décennies de violence, de prédation, de fragmentation morale et de blessures collectives, la Pentecôte n’est pas une simple fête : elle est une parabole nationale, un appel à la refondation, un souffle de vie dans un corps social meurtri.

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1. La Pentecôte : une dynamique intérieure de transformation

La Pentecôte rappelle d’abord que toute renaissance commence dans l’intériorité. L’effusion de l’Esprit n’est pas un spectacle extérieur ; elle est une métamorphose intérieure qui réoriente la conscience, purifie les intentions et libère l’être humain de ses enfermements. Les théologiens comme Yves Congar (1950) ont montré que l’Esprit est la force qui « recrée l’homme de l’intérieur » et lui donne la capacité d’aimer, de discerner, d’agir avec droiture. La Pentecôte devient ainsi une pédagogie spirituelle :

• Elle nous invite à la quête de vérité intérieure,

• Elle nous appelle à la conversion du regard,

• Elle nous pousse à la cohérence morale,

• Elle nous rappelle que la foi n’est pas un refuge, mais une responsabilité.

 

Dans un monde saturé de bruit, de superficialité et de tentations faciles, la Pentecôte nous recentre sur l’essentiel : la présence de Dieu comme source de sens, de force et de lucidité. Elle nous rappelle que l’Esprit n’est pas un privilège réservé à quelques-uns, mais une énergie de vie offerte à tous ceux qui cherchent la justice, la paix et la vérité.

2. La Pentecôte comme force de guérison personnelle et collective

L’Esprit descend là où les blessures sont les plus profondes. Dans la Bible, il apparaît toujours dans des contextes de fragilité, de peur, de dispersion. Il vient guérir, réconcilier, réunifier. La RDC, aujourd’hui, ressemble à la communauté des apôtres avant la Pentecôte : un peuple enfermé dans la peur, dispersé par les conflits, paralysé par la violence, meurtri par l’injustice. La Pentecôte nous enseigne que la guérison commence par l’accueil de l’Esprit, qui : • restaure la dignité blessée, • apaise les mémoires traumatisées, • réveille la conscience morale, • réoriente les choix collectifs vers le bien commun. Des travaux en psychologie sociale (Staub, 2011) montrent que les sociétés ayant traversé des traumatismes massifs ne se relèvent que lorsqu’elles réactivent des valeurs de compassion, de responsabilité et de solidarité. La Pentecôte, dans ce sens, est un levier anthropologique autant qu’un événement spirituel.

3. La Pentecôte comme appel à l’engagement et à la responsabilité

L’Esprit ne transforme pas seulement les cœurs : il envoie en mission. La Pentecôte est un mouvement : elle pousse dehors, elle ouvre les portes, elle fait passer de la contemplation à l’action. Dans le contexte congolais, cela signifie que la foi ne peut plus être un refuge passif. Elle doit devenir :

• engagement pour la justice,

• combat pour la dignité humaine,

• défense des plus vulnérables,

• résistance contre la corruption et la violence,

• construction patiente de la paix. Comme le rappelle Gutierrez (1971), la spiritualité chrétienne authentique est inséparable d’un engagement concret pour transformer les structures injustes. La Pentecôte nous donne la force de devenir des agents de transformation, des sentinelles de la vérité, des bâtisseurs de paix dans un pays où trop de voix sont étouffées, où trop de vies sont sacrifiées, où trop d’injustices sont normalisées. 

4. La Pentecôte comme horizon national : vers une renaissance congolaise

La RDC traverse une période de détresse profonde : guerres récurrentes, exploitation économique, fragmentation sociale, perte de repères, crise morale. Mais la Pentecôte nous rappelle que les nations peuvent renaître, que les peuples peuvent se relever, que les histoires brisées peuvent être réécrites.

Elle nous invite à imaginer une RDC :

• où la justice n’est plus un slogan mais une réalité,

• où la paix n’est plus un vœu mais une construction quotidienne,

• où la solidarité remplace l’indifférence,

• où la vérité triomphe du mensonge,

• où la dignité humaine devient le fondement de toute action publique.

La Pentecôte est une promesse : celle que rien n’est définitivement perdu, que l’Esprit peut souffler même sur les terres les plus arides, que les peuples meurtris peuvent redevenir des peuples debout

5. Conclusion : accueillir le souffle, devenir souffle

La Pentecôte n’est pas un souvenir. Elle est une force vivante, un souffle permanent, une invitation à renaître. Pour chacun de nous, elle est un appel à vivre une foi adulte, lucide, responsable. Pour notre pays, elle est un appel à la refondation morale, politique et sociale. Accueillir la Pentecôte, c’est accepter de devenir soi-même souffle de vie, artisan de paix, semence d’espérance dans une RDC qui attend encore sa résurrection collective.

 

Salutations fraternelles et Bonne fête de la Pentecôte Sénateur Prof Faustin Luanga (Extrait de mon Livre (à paraître) : “Penser librement, Exister pleinement - Appel à la conscience congolaise “). @Droits d’auteur, protégé.

Références bibliographique

• Bible, Actes 2:1-13.

• Congar, Y. (1950). Jalons pour une théologie du laïcat. Paris : Cerf.

• Gutiérrez, G. (1971). Teología de la liberación. Lima : CEP.

• Staub, E. (2011). Overcoming evil: Genocide, violent conflict, and terrorism. Oxford University Press. OU.

EBOLA: COMMUNIQUÉ OFFICIEL

Du Sénateur Prof Faustin Luanga

Président de la Commission de Suivi et d’Évaluation des Lois, Résolutions, Recommandations et Politiques Publiques, - Sénat,

République Démocratique du Congo

Chers compatriotes,

Chers partenaires et amis de la République Démocratique du Congo

Les informations récentes concernant une nouvelle flambée d’Ebola dans la Province de l’Ituri ont suscité des inquiétudes légitimes au sein de notre population et parmi nos partenaires internationaux. En ma qualité de Président de la Commission sénatoriale chargée du suivi et de l’évaluation des politiques publiques, je souhaite apporter une clarification fondée sur les faits.

Tout d’abord, reconnaissons la gravité de toute épidémie d’Ebola. Chaque vie perdue est une perte douloureuse, et le Gouvernement de la République demeure pleinement mobilisé pour protéger nos concitoyens. Toutefois, il est essentiel de garder une lecture équilibrée de la situation et d’éviter toute amplification inutile.

À ce stade, la flambée reste géographiquement contenue en Ituri, près de la frontière avec l’Ouganda, à plus de 2 000 kilomètres de Kinshasa. Le nombre de cas confirmés demeure limité, et environ 80 décès sont actuellement classés comme suspects, et non confirmés. Ces chiffres sont très éloignés des scénarios alarmistes relayés dans certaines communications internationales.

Il s’agit de la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée dans notre pays depuis la découverte du virus en 1976. Au fil des décennies, la République Démocratique du Congo a acquis une expertise reconnue dans la surveillance, la riposte rapide, l’engagement communautaire et la prise en charge clinique. Nos équipes de santé, souvent en première ligne dans des conditions difficiles, ont démontré à maintes reprises leur professionnalisme et leur efficacité.

L’Organisation mondiale de la santé a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale. Cette classification vise avant tout à mobiliser l’appui mondial et les ressources nécessaires. Elle ne signifie pas que la situation est hors de contrôle. Bien au contraire : les mécanismes nationaux de riposte ont été activés immédiatement, et la coordination entre les autorités nationales, les équipes provinciales et les partenaires fonctionne comme prévu.

À l’instar du Chef de l’Etat, j’appelle notre population à garder son calme, à suivre les recommandations des autorités sanitaires et à éviter la diffusion d’informations non vérifiées. J’invite également nos partenaires internationaux à poursuivre leur soutien dans un esprit de solidarité, tout en veillant à ce que la communication reste proportionnée aux faits observés sur le terrain.

La République Démocratique du Congo a déjà fait face à Ebola. Elle l’a maîtrisé à plusieurs reprises. Elle le maîtrisera encore.

Que Dieu bénisse notre pays et protège notre peuple.

Sénateur Professeur Faustin Luanga

Président de la Commission de Suivi et d’Évaluation des Lois, Résolutions, Recommandations et Politiques Publiques, - Sénat,

République Démocratique du Congo

• le rôle central du Sénat, en tant que Chambre des Provinces, dans la supervision, l’équité territoriale et l’intégration des résultats du recensement dans les politiques publiques ;

• ainsi que les questions essentielles adressées au Représentant Résident de l’UNFPA pour éclairer davantage notre action parlementaire. Je vous invite à en prendre connaissance afin de renforcer notre compréhension commune de ce chantier national prioritaire et d’assurer une participation éclairée aux prochaines étapes de suivi et d’évaluation.

Veuillez agréer, Honorables Sénatrices et Sénateurs, l’expression de mes salutations distinguées.

Hon. Professeur Faustin LUANGA Président de la Commission permanente du Sénat chargée du Suivi et Évaluation de l’exécution des Lois, Résolutions, Recommandations et Politiques Publiques

Sénateur Prof Faustin LUANGA

Le Prix Nobel d’économie 2025, décerné à Joel Mokyr

Penser librement dans un pays meurtri

La RDC, notre pays, traverse des épreuves immenses : guerre à l’Est, conflits persistants, corruption enracinée, condamnation de l’ancien Président de la République, démission du Président de l’Assemblée Générale, institutions fragilisées, jeunesse désorientée… Mais ce n’est pas seulement notre territoire qui est blessé — c’est aussi notre capacité à penser par nous-mêmes, à interroger le réel, à refuser l’évidence imposée.

Quand la pensée se soumet à la peur, elle devient complice de l’injustice. Quand elle se soumet à l’autorité sans discernement, elle devient le relais de l’oppression. Et quand elle se soumet à la doctrine sans débat, elle devient le tombeau de la vérité.

 

Une exigence pour la jeunesse congolaise

Je m’adresse ici à la jeunesse du Congo, et par ricochet à celle d’Afrique, à cette génération qui n’a pas connu la paix durable, mais qui porte en elle les germes de la transformation. Refusez la soumission intellectuelle. Refusez les slogans creux, les dogmes stériles, les vérités toutes faites. Osez penser par vous-mêmes. Osez interroger, critiquer, proposer.

Car penser librement, ce n’est pas désobéir pour désobéir. C’est chercher la justice, c’est construire le sens, c’est refuser l’illusion. C’est être capable de dire non à l’inacceptable, et oui à l’inattendu.

Une posture de réforme et de dignité

Dans nos institutions, dans nos universités, dans nos partis politiques, dans nos églises, dans nos différents mouvements associatifs, nous avons besoin d’une pensée qui ne se contente pas de réciter, mais qui ose créer. Une pensée qui ne se soumet pas à l’autorité, mais qui l’interroge. Une pensée qui ne fuit pas le conflit, mais qui le transforme en dialogue.

C’est ainsi que nous pourrons bâtir une République véritable — non pas celle des apparences, mais celle de la substance. Une République où le mérite supplante le clientélisme, où la vérité l’emporte sur la peur, où la jeunesse devient actrice et non spectatrice.

 

Penser, c’est résister. Penser, c’est construire.

Mes chers compatriotes et ami(e)s de la RDC. Dans ce Congo blessé mais debout, penser librement est un acte de résistance. Mais c’est aussi un acte de foi. Foi en notre capacité à nous relever. Foi en notre dignité. Foi en notre avenir.

Ne vous soumettez pas. Ni aux dogmes, ni aux doctrines, ni à ceux ou celles qui veulent vous faire taire. Car se soumettre, c’est cesser d’exister. Et notre peuple, malgré les blessures, existe encore. Il pense encore. Il espère encore.

Alors pensons. Pensons librement. Pensons courageusement. Pensons ensemble. Changeons le paradigme.

Et que cette pensée soit le levier de notre réforme, le socle de notre unité, et le souffle de notre résurrection. La RDC vaincra.

Salut chez vous.

Mwalimu, Faustin Luanga

Sénateur de la République.

Multilatéralisme ou chaos : un choix de civilisation face aux dérives du repli national.
                                                 
Sénateur Prof Faustin Luanga

Le monde est à la croisée des chemins. Tandis que les défis planétaires s’intensifient — conflits armés, dérèglement climatique, migrations forcées, pauvreté endémique, désinformation — certains dirigeants s’enferment dans le repli, la force et le mépris des institutions internationales. Ce choix n’est pas seulement politique : il est civilisationnel. Il interroge notre rapport à l’autre, notre conception du pouvoir, et notre capacité à construire un avenir commun.

Les propos tenus par le Président des États-Unis, Mr Trump, à la tribune de l’ONU, rejetant le multilatéralisme et remettant en cause le rôle des Nations Unies, sont alarmants. Ils sapent les fondements de la coopération mondiale et menacent l’équilibre fragile de notre planète. Plus grave encore, la proclamation selon laquelle la guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) serait terminée relève d’un déni de réalité. Le sang continue de couler à Beni, à Ituri, à Rutshuru, à Goma, à Ubira, à Minembwe… Les cris des enfants déplacés, les larmes des mères endeuillées ou voilées, les silences des villages abandonnés ne peuvent être ignorés.

En tant que parlementaire de la RDC, je réaffirme mon attachement à la Charte des Nations Unies, à la diplomatie, et à la solidarité entre les peuples. Le multilatéralisme est l’expression d’une éthique universelle : celle qui reconnaît la dignité de chaque être humain, indépendamment de sa nationalité, de sa puissance ou de sa richesse. Le monde a besoin de ponts, non de murs ; de vision partagée, non de domination. Comme l’a souligné Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo lors de la 80e session de l’Assemblée générale, la République Démocratique du Congo — et en particulier sa partie Est, le Grand Kivu — aspire à une paix durable fondée sur la justice, la concertation et l’intégration régionale. Cette aspiration est universelle. Elle mérite d’être entendue, respectée et soutenue. Elle est le miroir des souffrances et des espoirs de tant de peuples oubliés.

Le multilatéralisme n’est pas une option : c’est une nécessité vitale. Il est le seul antidote au chaos, à l’arbitraire et à l’indifférence. Il est aussi le seul cadre capable de réguler les interdépendances du XXIe siècle — qu’il s’agisse de climat, de santé, de sécurité ou de technologie. Refuser cette voie, c’est choisir l’isolement, l’instabilité et, inévitablement, la violence.

Nous devons refonder le multilatéralisme sur des bases plus justes, plus inclusives, plus représentatives. Il ne peut être l’apanage des puissants, ni le théâtre des hypocrisies. Il doit redevenir un espace de vérité, de responsabilité et de courage. C’est à cette condition que nous pourrons faire face aux périls de notre temps et préserver l’héritage moral de l’humanité.

Car au fond, il ne s’agit pas seulement de géopolitique. Il s’agit de civilisation. De notre capacité à choisir la coopération plutôt que la confrontation, la justice plutôt que l’impunité, la mémoire plutôt que l’amnésie. Il s’agit de notre humanité.

RDC – La veille des couteaux tirés ?

Sénateur Faustin Luanga

15 09 | 21 h

Kinshasa / RDC

À la veille d’une rentrée parlementaire qui s’annonce aussi solennelle qu’explosive, les signes avant-coureurs d’un affrontement longtemps différé se multiplient. Les couloirs du pouvoir s’assombrissent, les murmures de trahison s’intensifient, et le vent glacial venu de l’Est de la République souffle sur Kinshasa comme un présage. Les alliances vacillent, les masques tombent, et chacun semble convoqué à un face-à-face avec ses propres contradictions.

Dans cette atmosphère de tension, la mémoire politique convoque l’épisode tragique de la “Nuit des longs couteaux” – non pour en faire un parallèle historique rigide, mais pour rappeler que lorsque la loyauté devient une monnaie rare, les pactes se brisent et les ambitions se déchaînent. En RDC, les pétitions contre les présidents des deux chambres du Parlement, les arrestations ciblées, et les consultations stratégiques en coulisses dessinent les contours d’un théâtre où la démocratie se joue à quitte ou double.

Les figures jadis solidaires se regardent désormais en chiens de faïence. Les caucus régionaux se transforment en laboratoires de positionnement, et les discours d’apaisement peinent à masquer les fractures internes. Dans cette danse politique aux allures de survie, les regards se croisent, lourds de méfiance, et les silences deviennent des armes.

Au cœur de ce tumulte, des voix s’élèvent, certaines portées par une volonté sincère de réforme, d’autres mues par une ambition vorace. Le projet de loi de finances 2026, les enjeux sécuritaires à l’Est, et le contrôle parlementaire de l’exécutif ne sont plus de simples points à l’ordre du jour : ils sont devenus les champs de bataille d’une République en quête de cohérence.

Alors que les lignes se redessinent, une question obsède les esprits : qui portera le flambeau de la cohésion, et qui attisera les flammes de la division ? La rentrée parlementaire ne sera pas qu’un rituel institutionnel. Elle sera un révélateur. Un test de maturité politique. Un miroir tendu à notre démocratie.

Congolais, Congolaises, gardons la tête froide. La République ne peut se permettre une guerre des tranchées entre ses propres enfants. L’heure est à la lucidité, à la responsabilité, et à la mobilisation nationale. Car c’est dans l’unité, et non dans la purge, que se forge la renaissance.

Vivement la cohésion nationale.

Prof. Faustin Luanga, Sénateur

RDC : Quand la balle de chauves masque les                          urgences du peuple             
                                                                  Sénateur Prof Faustin Luanga

La République Démocratique du Congo (RDC) traverse une période de turbulences où la sincérité et la loyauté semblent avoir cédé la place à l’hypocrisie et au complot. Le climat politique et sécuritaire est marqué par une instabilité persistante, alimentée par des jeux d’alliance, des discours ambigus et une gouvernance souvent perçue comme éloignée des réalités citoyennes. Une expression satirique s’est imposée dans l’imaginaire populaire pour illustrer cette dérive : la balle de chauves. Cette métaphore, utilisée ici avec une ironie mordante, illustre à merveille le climat de méfiance et de confusion qui règne dans les sphères politiques et sécuritaires du pays.

La “balle de chauves” évoque ainsi un jeu où l’on ne distingue plus les véritables acteurs des imposteurs. Dans le contexte congolais, cela renvoie aux alliances politiques instables, aux retournements de veste, et aux figures publiques dont les intentions sont dissimulées derrière des postures de loyauté. Regardez les. Sont-ils tous chauves ou se sont-ils seulement tous rasés la tête? Derrière cette image se cache une critique et une interpellation citoyenne du fonctionnement actuel de l’État. Des figures politiques et militaires se présentent comme sincères et loyales, alors qu’elles ne font, pour certains, que jouer un rôle savamment orchestré. “Quand la balle de chauves prendra fin,” dit-on, “avec un peu du temps, le Chef du séant saura dissocier les vrais chauves de ceux qui s’étaient rasés la tête.” Mais en attendant cette révélation, c’est la population congolaise qui subit les conséquences.

Mwalimu Faustin Luanga, mutu wa lupala (le Vrai Chauve).

Dans l’Est du pays, les violences liées aux groupes armés se poursuivent, malgré les efforts diplomatiques comme les négociations de Doha et de Washington. Sur le reste du territoire, la misère se creuse, alimentée par l’inefficacité des politiques publiques et l’exploitation non régulée des ressources naturelles. Selon plusieurs observateurs, cette richesse nationale devient le terrain de jeu des puissants, creusant les inégalités et compromettant le développement durable du pays. Face à cette situation, des voix s’élèvent : sociétés civiles, jeunes, femmes, leaders communautaires et politiques… Tous appellent à un dialogue pour une réforme profonde du système. Ils exigent une démocratie incarnée et non simulée, fondée sur la transparence, la redevabilité et l’inclusion. La confiance citoyenne, affaiblie par des années de promesses non tenues, ne pourra être restaurée qu’à travers des actes concrets. Alors que le pays est à la croisée des chemins, une chose est certaine : le temps, souvent invoqué comme facteur de résolution, ne peut être un prétexte pour maintenir le statu quo. Il peut être un allié du changement… ou le complice de l’immobilisme. La “balle de chauves” n’est pas qu’une image satirique : elle est le miroir d’une RDC en quête de vérité, de stabilité et de justice. Dans ce jeu de dupes, le peuple congolais attend que le temps fasse son œuvre, que les chauves authentiques se lèvent, et que les imposteurs soient démasqués. Car au-delà des discours, c’est l’action et la constance qui feront la différence.

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